Présentation générale du projet :
Né de la collaboration entre professeurs d’université et étudiants passionnés de cinéma et attachés à découvrir en profondeur la dimension spirituelle de l’existence dans tous ses aspects, Cinespi-club se veut comme un prolongement du Cinespi-Festival, dont le but est de mettre en lumière les liens existant entre cinéma et différentes formes de spiritualité..
Cinespi-club propose cette année un cycle de 4 films autour du thème la fragilité.
Pourquoi la fragilité ?
La fragilité semble être une condition normale de l’homme.
Souvent, les hommes se croient libres du fait qu’ils ignorent leurs chaînes. En réalité, c’est justement en reconnaissant ses propres déterminations que l’homme devient capable de quitter une liberté imaginaire et impuissante pour accéder à une position où le destin n’est plus l’ennemi de la liberté. Cette reconnaissance implique cependant aussi celle d’une fragilité radicale de l’être. P. Ricoeur disait que la faillibilité de l’homme dépend du fait qu’il est le seul être vivant devenu conscient de la non-coïncidence de lui-même avec lui-même.
Ainsi, assumer sa fragilité comme une condition normale de l’existence constitue un chemin pour s’humaniser.
Il est un fait, cependant, que l’homme éprouve une certaine difficulté à se reconnaître fragile. D’une part parce que la culture occidentale le pousse plutôt à embrasser le mythe de la toute puissance, lui faisant croire qu’il obtiendra reconnaissance et bonheur dans la mesure où il pourra être tout-puissant sur les objets de son désir. D’autre part, parce que l’acceptation de la fragilité implique l’acceptation d’une certaine souffrance, celle notamment liée à l’angoisse et à la peur de se perdre et de tout perdre, la peur d’un certain « vide » aussi. Or, dans certains cas, cette souffrance peut détruire, conduisant jusqu’au désespoir.
D’une façon assez naturelle, l’homme se trouve ainsi face à une contradiction lourde de conséquences, positives et négatives, pour lui et pour la société: la difficulté à accueillir sa propre fragilité et la nécessité de ne pas la nier.
Comment assumer cette situation ? Comment éveiller l’homme à sa fragilité en le préservant de la peur de se perdre et de tout perdre ?
Le projet du cinéclub souhaite montrer que le cinéma s’est fait l’écho de cette contradiction et qu’il a cherché à la représenter, en contribuant ainsi à mettre le spectateur devant un « bon » questionnement à propos de sa fragilité et du désir d’être soi.
Programme :
Les films proposés au programme présentent la fragilité sous divers aspects (fragilité de corps, d’esprit, fragilité sociale, etc.). Ils pourront ainsi interpeller tout un chacun dans des situations différentes.
Les débats qui suivront les projections souhaitent recueillir ce questionnement et lui offrir un espace où s’exprimer.
Notre conviction est que l’éveil de ce questionnement contribue déjà à l’accueil de la fragilité et permet de l’apprivoiser, en permettant ainsi d‘en entrevoir la richesse et la fécondité, pour soi, pour les relations interpersonnelles et pour la construction de la société entière.
Mardi 2 décembre, La vie des autres, de Florian H. von Donnersmarck
Mardi 27 janvier : De l’autre côté (de Fatih Akim)
Mardi 10 mars : My Architect (de Nathanael Kahn)
Mardi 21 avril : L’île (de Pavel Lounguine)