Généalogie en Bas-Berry
  Accueil > Histoire > La province du Bas-Berry
   
 

Histoire de la province

 

Le changeur et sa femme, de 			Quentin Messys

Le département de l'Indre est né officiellement en 1790 avec la promulgation du décret du 15 janvier qui fixait les nouvelles limites territoriales. De la plus haute antiquité à nos jours, l'histoire du département a connu de nombreux faits marquants.

La région fut habitée dès la plus haute antiquité. Des fouilles récentes ont prouvé que la vallée de la Creuse entre Argenton et Tournon-Saint-Martin recelait des cavernes contenant des restes d’un habitat extrêmement ancien.

Réputés pour être un des peuples les plus riches de la Gaule, les Bituriges ont leur capitale à Avaric (Bourges). Détruite par Jules César en 52 avant JC, elle devient au IV° siècle le siège de la Province d'Aquitaine première. Le diocèse de bourges qui englobera tout le Massif Central, fait partie du royaume  wisigoth au V° siècle puis du royaume Franc au siècle suivant.

La vie de l’Indre au fil du temps

L’époque gallo-romaine laissa une marque profonde dans ce pays. Des routes, des agglomérations : Saint-Marcel, Argenton, Le Blanc, Issoudun, de très nombreuses villes témoignent d’une mise en valeur réelle de la région.

A l'époque carolingienne, l'archevêque de bourges obtient le titre comtal, mais il voit son autorité tôt éclipsée par celle des vicomtes de Bourges, tandis que se détachent :

  • au nord-est, le comté de Sancerre (pour devenir possession des comtes de Blois au IX° siècle

  • à l'ouest, les seigneuries d'Issoudun et de Déols

  • au sud, les seigneurs de Bourbon constituent leur domaine

Au centre de notre région, à partir du IXème siècle, émerge une famille seigneuriale d’une certaine importance : les Princes de Déols.

Déols est une bourgade où cette famille implante une abbaye bénédictine, qui servira dans une certaine mesure ses intérêts et surtout son renom dans toute la contrée. Elle-même installe sa maison-forte non loin de là, dans une boucle escarpée de l’Indre, fondant ainsi CHATEAUROUX.

A cette époque, se produisit un événement dont les conséquences devaient quelque peu contribuer à donner au Berry sa physionomie propre.

En 1100, le Vicomte de Bourges, Eudes ARPIN, partant à la Croisade, vendit sa ville au Roi de France (Philippe 1er), qui s’implantait, de ce fait, directement dans le Haut-Berry, tandis que le Bas-Berry continuait traditionnellement à rester fidèle à son seigneur d’Aquitaine, duc de Normandie et roi d’Angleterre (Plantagenêts, depuis le XII°).

Le Bas-Berry : pays-frontière

De là, la multitude de châteaux-forteresses barrant les moindres vallées comme celle de la Bouzanne, à Mazières, Tendu, La Rocherolle, comme celle de l’Anglin à Château-Guillaume ; surveillant les routes comme à Brosse, La Prune-au-Pot, ou les Vallées plus importantes, à Châtillon-sur-Indre, à Châteaubrun sur Creuse , ou dominant la ville, comme la célèbre Tour Blanche à Issoudun.

Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion se disputent âprement les deux seigneuries. La royauté capétienne, « laborieux artisan » de l’Unité française, entreprit alors un lent travail de «grignotage» contre la maison de Déols fidèle à son seigneur d’Aquitaine : hostilités décousues, coupées de trêves, politique d’alliances matrimoniales qui trouva enfin son salaire : la vaillante famille de Chauvigny placée par le duc Gascon à la tête de la principauté de Déols passa sous la dépendance directe du roi, son suzerain. 

Pour finir Blanche de Castille nièce de Jean Sans Terre apporte Issoudun et Châteauroux en dot, lorsqu'elle épouse en 1200 le fils aîné de Philippe Auguste; le futur Louis VIII

Voilà le Bas-Berry devenu un pays-frontière où l’on restaure les forteresses des siècles précédents pour en faire des postes avancés, surveillant les chevauchées anglo-gasconnes qui écraseront un jour l’armée royale à 80 kilomètres de là, à Poitiers !

A ce pays épuisé, la Renaissance apporta la paix et la remise en valeur des campagnes.

De la Guerre de Cent-Ans aux Guerre de Religion : un siècle de paix

La proximité de la Cour, séjournant soit à Mehun-sur-Yèvre, près de Bourges, soit en Touraine, entraîna la construction d’un autre ensemble de châteaux, d’agrément cette fois, dont le plus célèbre comme le plus imposant, celui de Valencay.

On s’installait le plus richement, le plus noblement possible, dans le voisinage du roi. Argy, Veuil et bien d’autres châteaux témoignent de ce luxe. Catherine de Médicis elle-même séjourna à plusieurs reprises dans le château primitif -entièrement disparu depuis- de Bouges, à proximité de Levroux, qu’elle avait donné à un de ses familiers d’origine italienne, le Comte de Fiesque.

Les protestants en Bas-Berry

Troisième et dernière période de troubles qui ensanglantèrent le Bas-Berry, les Guerres de Religion n’y furent cependant pas aussi rudes que dans le Haut-Berry. La région fut sillonnée par les troupes des deux bords. Si la province resta catholique, des Seigneurs locaux apportèrent leur protection à de petites communautés huguenotes. 

La ligue enfin désarmée par la venue d’Henri IV en personne qui s’empara d’Argenton-sur-Creuse, et le ralliement du puissant Gouverneur Claude de la Châtre obtenu, le Bas-Berry tomba sous la férule de la monarchie absolue et suit alors le destin du Royaume.

Le temps immobile ?

Désormais, seuls comptaient les problèmes économiques dans ce pays faiblement peuplé, pays pauvre vivant dans une économie de semi-disette.

Du duché de Berry sont issus le Gouvernement et la Généralité de Berry, dont les limites ne coïncident pas. Le sud de la Généralité étant inclue dans le Gouvernement de la Marche.

En 1793, les quelques Jacobins du département n’y purent rien changer, parmi la méfiance générale, et il fallut attendre le Second Empire pour voir aboutir les expériences agraires tentées par les grands propriétaires de Barbançois, Savary de Lancosme, pour assister au développement du réseau routier.

Le Bas-Berry progresse lentement grâce à son agriculture et à ses forges. Le nombre de ses habitants croît très régulièrement jusqu’en 1910. Il atteindra là un sommet.

Depuis cette époque, le pays presque exclusivement agricole se dépeuple au profit de Paris, bien que, sous la IIIe République, une véritable révolution agricole ait permis d’obtenir des rendements remarquables des pauvres terres à moutons de la Champagne Berrichonne, et une production de viande très accrue dans les Boischaut.

L'époque contemporaine

La Guerre de 1939-1945 allait sortir le département de son engourdissement passager, en provoquant un afflux sans précédent de réfugiés dans l’Indre, devenu soudain département frontière.

Depuis 1945, plusieurs caractéristiques marquent le département de l’Indre :

  •  au plan politique

par une forte implantation communiste et radicale, suivie par les progrès du mouvement gaulliste aux dépens du radicalisme et du parti socialiste aux dépens du parti communiste, à la Libération le plus important du département ; le parti socialiste dirige la ville de Châteauroux (1958 à 1967) et le conseil général de 1979 à 1985 et conquiert les trois sièges de député en 1981 et 1989. Mais la majorité des élus appartient le plus souvent au centre droit ou au centre gauche, comme le témoigne la longue présidence au conseil général de Vincent Rotinat (1951-1975) et celle du sénateur Daniel Bernardet (1985-1998).

  • au plan démographique

par un fort exode rural et un faible taux de natalité, avec une faible densité de population.

  • au plan économique

par une coexistence de la modernité et de la tradition. La présence américaine sur la base de Châteauroux-Déols (1951-1967) a créé une euphorie vite retombée, laissant une activité de maintenance aéronautique et de logistique autour de l’aéroport de fret Marcel Dassault. Les implantations anciennes : manufacture des tabacs (1858-1997), manufacture de drap (1751, reprise par Pierre Balsan en 1856, rachetée par Biderman en 1975, qui modernise ses installations sur le site de La Malterie en 1994), ateliers de confection, sont remplacées par des usines ou ateliers de production plus récents gérés par des direction extérieures au département. Les services et commerces de Châteauroux, favorisés par l’autoroute A 20, gratuite de Vierzon à Limoges, irriguent tout le département et au-delà. L’agriculture reste toutefois l’activité principale, céréaliculture intensive en Champagne berrichonne, élevage extensif de bovins dans la moitié sud du département.

  • au plan naturel et touristique

par d’importants atouts : tourisme vert (vallées de la Creuse et de l’Indre, lac du barrage d’Éguzon, forêt domaniale de Châteauroux), monuments historiques (châteaux ouverts au public comme Bouges, Nohant, Valençay, églises romanes souvent riches de peintures murales, comme Vic, près de La Châtre, ou Plaincourault, près du Blanc), musées (hôtel Bertrand à Châteauroux, musée sur le site gallo-romain d’Argentomagus à Saint-Marcel...), villages en site protégé comme Gargilesse, Palluau-sur-Indre ou Saint-Benoît-du-Sault.


Source : Le texte ci-dessus est une compilation "arrangé" de deux textes :

  • Histoire du département de l'Indre, reprise du site de la Préfecture de Châteauroux.

  • Atlas historique des provinces et régions de France par Jean Sellier, Paris,  La Découverte, 1997

Pour plus de détails, on se reportera à l'excellent ouvrage collectif dirigé par Jean-Pierre Surrault (voir Bibliographie)


 

haut de page

Basberry.org - (c) 2007 - Philippe Pacaud -                                   AccueilPlan du site l Contact