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Blog COM.ERF

Nous avions eu un texte préparatoire. Il se trouve ici, il est toujours d’actualité, notamment pour y réfléchir ensemble en Église.
Le Synode de Châteauroux, avec l’aide du professeur Jean-Daniel CAUSSE, vient d’y consacrer le plus gros de ses débats : une soirée, des travaux de groupes, une réflexion ensuite en plénière. Tout ceci fort intéressant.
Tout ce qui a été dit, réfléchi, questionné ou répondu, a été repris dans un texte d’envoi du professeur CAUSSE. C’est ce texte que nous publions ici. Avec un grand merci à notre rapporteur théologien.
Personne ne peut aimer de lui-même. Chacun doit d’abord être aimé et recevoir des repères suffisants. Personne ne peut avoir confiance par lui-même. Chacun doit d’abord rencontrer de la confiance pour pouvoir, à son tour, faire confiance à quelqu’un et trouver ainsi le courage d’être. Chacun est appelé à recevoir avant de pouvoir donner. C’est aussi ce qui peut être blessé, ou marqué par une trop forte carence, et qui nous conduit parfois à penser que nous aurions à vivre en nous soutenant de nous-mêmes.Dans notre histoire personnelle, d’une manière ou d’une autre, il est venu à notre rencontre. Et il vient encore aujourd’hui. Il vient comme il est venu jadis pour ces femmes et ces hommes qui étaient pris dans une histoire glorieuse ou tragique : celles et ceux qui se devaient d’être les dignes fils ou filles d’une histoire familiale, religieuse ou sociale ; celles et ceux qui se pensaient forts ou qui s’éprouvaient faibles ; celles et ceux qui étaient méprisés, oubliés, disqualifiés dans le regard de leur famille ou dans le regard social. Il est venu pour chacune et chacun d’entre nous, attestant chaque fois la valeur inconditionnelle de notre vie au regard de Dieu. C’est pourquoi, nous croyons en lui : Jésus notre frère et notre Seigneur que nous confessons comme Christ.
Ce que nous avons reçu, nous avons à le transmettre, communautairement et personnellement. Or la transmission ne dépend pas d’abord de la bonne méthode ou d’un outil technique performant. Elle vient requérir la présence très concrète de quelqu’un qui, comme il le peut, avec ce qu’il est, donne ce qu’il a reçu d’un autre que lui-même. Alors nous serons à notre tour, tout simplement, des témoins. Nous vivrons une hospitalité qui est nécessaire à l’accueil désintéressé de notre prochain. Nous apprendrons à habiter notre propre parole et nos actes. Nous conjuguerons en nous-mêmes, dans la fragilité même de notre existence, ce que nous vivons et ce que nous croyons. À nos propres yeux, nous ne masquerons pas ce que nous sommes dans l’aveu confiant qu’en dépit de nos contradictions, Dieu parle et travaille au cœur de notre monde.
La transmission appelle des témoins qui acceptent de ne pas être les maîtres de la Parole et de ses effets. Elle suppose la surprise ou l’inattendu et le sourire qui en accompagne les manifestations. Renoncer au désir de maîtrise, c’est reconnaître ce qui ne vient pas de nous et qui est l’œuvre de l’Esprit. Et là où est l’Esprit, là est la liberté.
Voici, dit le Seigneur, « Les paroles des commandements que je te donne aujourd’hui seront présentes à ton cœur ; tu les répéteras à tes fils ; tu les leur diras quand tu resteras chez toi et quand tu marcheras sur la route, quand tu seras couché et quand tu seras debout ; tu en feras un signe attaché à ta main, une marque placée sur ton front ; tu les inscriras sur les montants de porte de ta maison et à l’entrée de ta ville... Et demain quand ton fils te demandera : “Pourquoi ces exigences, ces lois et ces coutumes que le Seigneur notre Dieu vous a prescrites ?” alors, tu diras à ton fils : "nous étions esclaves du Pharaon en Égypte, mais d’une main forte le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte..." » (Deutéronome 6/4s et 20s).
Que nous puissions conserver comme une présence à notre cœur ce que nous avons reçu et qui est devenu pour nous une bonne nouvelle.
Que nous puissions transmettre les récits de la Bible, les faire découvrir ou redécouvrir et aimer dans un esprit d’inventivité et d’accueil.
Que nous puissions porter dans nos vies, comme un signe visible sur le front, la conviction dont nous désirons vivre.Le récit qui raconte que Dieu a fait sortir son peuple esclave du pays d’Égypte est notre histoire. Quand est-ce que Dieu a fait cela demandera peut-être, à l’occasion, l’hôte de passage. Alors, nous dirons : aujourd’hui, c’est aujourd’hui que Dieu nous fait passer de l’esclavage à la liberté et de la mort à la vie par la foi en Christ.
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