top                                                                                                                                                                                                                                           Contact  |  Liens 

 

 

Le Fram, a.s.b.l.   

Revue littéraire  -  Éditions  -  Rencontres   

 

   

 

L E     T R O I S I E M E    C O R P S

 

de Michel Delville

 

 

Accueil   

 

Présentation   

Revue   

Éditions   

Auteurs   

Rencontres   

Archives   

Diffuseur   

Partenaires   

   

 

 

 

Le troisième corps

Poèmes de Michel Delville

76 pages, 2004, 12 €
ISBN 2-930330-15-5, (broché)


 

On connaît Michel Delville comme chargé de cours de littérature anglaise et américaine, on connaît sa passion pour la musique, notamment de Frank Zappa. Avec Le troisième corps, il nous présente une autre de ses passions : la poésie, passion qu'on lui connaissait déjà, puisqu'il est directeur du CIPA (Centre interdisciplinaire de poétique appliquée). Sa poésie est volontairement prosaïque et apoétique, bannissant images et figures, desservant une thématique de critique sociale de manières de penser contemporaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'AUTEUR

Michel Delville

Michel Delville est chargé de cours en littérature anglaise moderne et littérature américaine à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège.  Il écrit de la poésie et a publié en revue.  Il est également musicien (guitare et voix) au sein du groupe de jazz « The Wrong Object ».

 

LIRE LES PREMIÈRES PAGES

 

TIRER LES CORDES

d’un univers en boucle, ne rencontrant que lui-même. Monde du dessous où des liens invisibles insufflent forme et fonction dans la conscience gémellaire des êtres et des choses. Trouble incertitude des hommes et femmes désirant aveuglément ce qui va être, sondant les profondeurs, grimaçant dans l’attente d’une apparition limpide. On évalue l’état d’excitation des grumeaux et des particules. On y aperçoit des peintures de tout ce qui a été cru. Tout se passe comme s’il y avait une force d’adhérence tranquille, trempée d’évidence, qui déjoue tout facteur de séparation par sa structure même.

 

QUELQUES FLAMMES

s’élèvent par soubresauts, glissements et pulsations entremêlés. Les unes consument les autres. Prends ta livre de chair et disparais. Attends-toi, par la suite, à ce que ton besoin de survivance commence tout doucement à décliner. Lentement, une pensée revêtue de l’in¬habituelle invocation à la mastication vespérale auto¬phage, vociférant les plus âpres propos difformatoires, puis — suprême infamie — s’essuyant délicatement le bout des lèvres comme une jeune fille bien élevée.

 

QUAND LE TREIZIÈME

fragment s’empare de l’autre moitié du monde. Les orifices galvaudés par l’angoisse de l’expression première du trop vide. Guidés par les devoirs et les automatismes d’une éducation dominée par les cris et les injonctions de la frustration chronique, des objets transitionnels indignes de soi, de ce qui n’est situé ni à l’intérieur, ni à l’extérieur.

 

HISTOIRE D’UNE PRESENCE

Il n’est pas d’œil qui voie plus loin que le ciel. Le reste n’est qu’un geste, une paume courante, et déjà on se prend à penser à autre chose. Une envie survient, d’abord chétive et bien mal définie. Par la suite, elle se fait plus tenace et insistante jusqu’à ce qu’il soit impossible de la repousser comme on tente d’ignorer ces voix chaudes et troublantes qui semblent provenir d’ailleurs et dont l’écho tordu nous atteint doucement avant de s’empêtrer dans l’obscurité humide. Les premières peurs passées, on finit par la saisir, par la flatter pour mieux la domestiquer, par comprendre que son origine, bien qu’inconnue, se perd dans un effort inachevé qui porte les signes de « notre inétouffable espérance ». On se surprend même à deviner les fins et les formes de ses innombrables mouvements et attitudes.

 

DE L’AMITIE ENTRE LES SEXES

Scrupules et inflexions coupables suscitent le déclenchement de tics obliques assoiffés de brio et de scandale. Suit un bonheur excessif et suspect qui se mélange curieusement au regard au milieu d’un silence furieux et méconnaissable. Enfin, les adieux provisoires, si savamment déhanchés.

On se dit, après tout, que ça n’est pas si grave. Chacun a bien le droit de rechercher un réceptacle à la mesure de son désir — voire de se soustraire à tout sentiment de dette à l’égard de celui ou celle qui accorde sa disponibilité comme un signe de complicité naissante sans rien demander en retour. Ainsi, c’est dans une forme de consensus coupable que doit se fondre, de manière somme toute assez naturelle, notre sensibilité aux choses déréglées et inabordables.

 

TOUT ÇA

parce que la conversation ne constituera jamais qu’un art de second ordre. Nous parlons des choses sans nous soucier de les tenir pour objets et sans nous interroger sur l’image qu’elles nous renvoient de nos faits et de nos dires.

Nous sommes, en outre, à la recherche du défaut mineur, celui qui rend l’autre triste et insalubre. Sous nos airs d’indifférence filtrent les vestiges d’une rancœur mobile et fuyante, une fascination morbide pour les abandons d’autrui, ainsi que pour les moindres faiblesses et trahisons des hommes et des femmes de quelque volonté que ce soit.

Dans ces moments-là, ce qui arrive à l’esprit est comme une onde à la surface d’une flaque d’eau trouble. Sans cause visible, les ondulations se font soudain plus nettes et plus fréquentes, le trouble plus mou et plus détaché. On voit alors avec étonnement et naïveté l’accablement profond de ceux qui se proposent de tromper leur honte du vide. Aucune peine, aucune supplication, il est vrai, ne peuvent entamer cet entêtement. On ne peut vaincre l’illusion qu’en distinguant le mur¬mure des lèvres de celui de la conscience.

 

  j'achète en ligne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Responsables  |  Conception et gestion