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Prix feu noir 2004 |
Entre-deux /
Vrouwen van twee kanten
poèmes de
Caroline
Lamarche et Hilde Keteleer
138
pages, 2003, 14 €
ISBN 2-930330-12-0, (broché)
« Un recueil double. Les poèmes, en édition bilingue, de deux
transfrontalières de la même génération. Une complicité digne
d'un pays dont les poètes, de part et d'autre, se cherchent et
se répondent. »
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LES AUTEURS
Caroline
Lamarche
Caroline Lamarche naît en 1955 à Liège. Petite enfance dans le
nord de l'Espagne. La suite, jusqu'au bac, en région parisienne.
Romaniste, elle enseigne en Afrique le français en anglais.
Retour en Belgique, elle travaille comme secrétaire bilingue
(anglais, espagnol). Elle a écrit, depuis le début des années
90, des romans, des nouvelles, des poèmes et des fictions
radiophoniques. Son dernier roman Karl et Lola
vient de paraître.
Hilde
Keteleer
Hilde Keteleer (°1955). Traductrice du français et de l’allemand
en néerlandais, journaliste, poète. Rédactrice de la revue
littéraire flamande Deus ex Machina. Elle a traduit
Rilke, Rimbaud et de nombreux poètes contemporains belges,
allemands et autrichiens. En 2001, elle a débuté comme poète
chez de Wereldbibliotheek, Amsterdam, avec le recueil Al wat
winter is en waar.
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UN EXTRAIT
Hilde Keteleer
En mai toujours l’hiver
Jubilant l’azalée jaune exhale son parfum,
le pinson gazouille dans le cerisier
et le soleil de mai réconcilie nos peaux
avec tout ce qui est hiver et vrai.
Altijd winter in mei
Uitbundig geurt de gele azalea,
de vink kwettert in de kerselaar
en de meizon verzoent onze huid
met al wat winter is en waar.
Ante animal triste
Un escalier de sept marches grimpe en mon corps
impitoyablement possédé de ce qui, déjà su,
ne l’est pourtant point encore.
L’épicentre du regretté plus tard
ondule vers la surface de toute sa force,
les pores de la peau se font lacs.
Des odeurs suées obscures au creux
du réjouir se sont insinuées
car que cela aura bien lieu
est écrit partout sur nos corps
avec sept chants simultanés.
Ante animal triste
Er klimt een trap in mij met zeven treden
genadeloos bezeten van wat al wel
en toch nog niet geweten.
Het epicentrum van het betreurde later
golft naar boven met alle kracht,
poriën worden wijder water.
Er liggen donkere bezwete geuren
in de holte van het verheugen
want dat het zal gebeuren
is ons op het lijf geschreven
met zeven zangen tegelijk.
Caroline Lamarche
Marsbevel
’s Nachts moet er worden gelopen.
In de kamer staat een palm daar waar je dacht op de muur te
stoten.
Erachter een rood gordijn met vogelmotieven.
Naast de palm, zomaar op de grond,
een zadel van glanzend leer dat niemand gebruikt.
’s Nachts loop je het paard achterna, het zadel op je rug.
Bij een halte zet je het in de was.
Daar duiken kinderen op die vragen naar het verhaal
van het zadel, waarom je het hebt, uit welk land het komt, en
wat je er op een dag echt mee zult doen.
Ondertussen verdwijnt het paard in verte.
Verdwijnt in de verte.
Of komt langs omwegen dichterbij misschien.
Droomt van het zadel en de blik van de kinderen
misschien.
Is het struikelen in het donker ook moe misschien.
L’ordre de marche
La nuit, il faut marcher.
Dans la chambre, il y a un palmier là où l’on croyait heurter le
mur.
Derrière, un rideau rouge à impressions d’oiseaux.
À côté du palmier, posée à même le sol,
une selle de cuir brillant que personne n’utilise.
La nuit, on marche à la poursuite du cheval, la selle sur le
dos.
À l’étape, on la cire.
Là, des enfants surgissent, réclamant l’histoire de la selle,
pourquoi on la possède, le pays d’où elle vient, et l’usage
véritable qu’on en fera un jour.
Pendant ce temps, s’éloigne le cheval.
S’éloigne.
Ou peut-être se rapproche par des voies détournées.
Peut-être rêve de la selle et du regard des enfants.
Peut-être las, aussi, de trébucher dans le noir.
Met bebloede benen misschien.
Moe op de zonsopgang te wachten.
Die komt altijd, zeggen ze.
Maar ze zeggen zoveel.
Peut-être les pieds en sang.
Las d’attendre l’aube.
Elle vient toujours, dit-on.
Mais on dit tant de choses.
Het huis van de dichter
Het huis van de dichter staat op het bevroren meer
je komt er ’s nachts
met één enkele haal
van je schaatsen.
Het oog van de dichter zit in de maan
van daaruit ziet hij het huisje
de aansnellende schaatser
en de fijne lijn die hij koppig trekt met zijn dichters¬schaatsen.
In het huis van de dichter
krijg je een kus op de mond
word je geleid naar de voet van de eretrap
waar twee geheimklokken
onverzettelijk staan
en altijd samen slaan.
La maison du poète
La maison du poète est sur le lac gelé
on y parvient de nuit
d’un seul élan
en patinant.
L’œil du poète est dans la lune
de là il voit la maison minuscule
le patineur qui s’élance
et la ligne très fine que tracent obstinément ses patins de
poète.
Dans la maison du poète
un baiser sur la bouche
on est mené au pied de l’escalier d’honneur
où se tiennent inflexibles
deux horloges à secrets
qui sonnent toujours ensemble.
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