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La lettre de la présidente - Pour davantage de convivialité, il nous a paru opportun de réserver une rubrique à la présidente.
- Elle se propose d'adresser de temps à autre un mot.
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- Bien que la mode des célébrations de centenaires, qu'il s'agisse de celui de la Révolution ou de tout autre évènement soit une mode un peu facile, nous ne pouvons laisser passer en cette année 2009 l'occasion de commémorer le décès de l'un de nos principaux fondateurs, Ernest Rupin (1845-1909).
- Ernest Rupin a été notre Président de 1881 à 1903, puis président d'Honneur jusqu'en 1909.Il a créé avec ses propres collections et celles de ses amis, le Musée de Brive qu'il a dirigé comme conservateur bénévole jusqu'à son décès.
- Il a su fédérer autour de lui un groupe d'historiens, d'archéologues et de chercheurs qui ont fait vivre la grande époque de nos bulletins jusqu'à la guerre de 1914-1918.
- C'était un chercheur méthodique qui a touché successivement l'histoire, la botanique, la spéléologie, la préhistoire, l'histoire de l'art, l'histoire des religions, la numismatique, l'héraldique et même la graphologie.
- Il était modeste et bienveillant, qualités rares chez les érudits et il a réussi à cette époque où les querelles religieuses faisaient rage dans la République, à se tenir à l'écart des affrontements, bien que la gauche anticléricale l'ait traité de " clérical toujours fourré dans les églises". et que la droite catholique lui ait reproché de mette à bas avec l'assistance de Robert de Lasteyrie, le mythe de l'ermite Amadour disciple du Christ.
- Ernest Rupin a non seulement doté Brive d'un musée que le conseil municipal après son décès avait pris la sage et juste décision de baptiser Musée Ernest Rupin, mais encore il a beaucoup oeuvré, tant au Congrés archéologique de France en Corrèze en 1890, qu'à la suite de la mise en valeur du site de Rocamadour, pour que sa ville natale devienne une plaque tournante du Tourisme régional.
- Malheureusement, le monde est oublieux : trouvant sans doute que son nom ne sonnait pas assez bien, son musée a été débaptisé à la faveur de son déplacement et appelé musée Labenche (bien que cette Labenche ne soit que le nom d'un menu fief de la famille de Calvimont).
- Les édiles ne lui ont offert qu'une rue située derrière le lycée d'Arsonval, et qui ne rappelle, ni sa maison natale, boulevard Edouard Lachaud, ni celle de son épouse, une demoiselle Mage, place du Civoire, actuellement place des patriotes martyrs.
- C'est pourquoi, dans la mesure de nos moyens, nous allons du 1er au 15 décembre, commémorer son décès en lui consacrant une exposition au Logis des Clarisses dans son ancien musée.
- Notre assemblée générale du samedi 12 décembre dans la salle du Musée d'art st d'histoire Labenche lui sera dédiée.
- Nous proposons à ceux de nos membres qui le désirent de venir diner avec nous le mercredi 2 décembre à la "JARDIN D'ERNEST", restaurant installé dans une partie de sa maison natale.
- Nous signalons enfin, que, dans le numéro de septembre 2010 d'ARCHIVES EN LIMOUSIN.consacré à l'érudition en Limousin, nous pensons pouvoir faire un article consacré aux débuts de notre société et à la personnalité d'Ernest Rupin.
- Toutes les autres suggestions seront les bienvenues à condition que ceux qui nous font des propositions ou qui possèdent des documents susceptibles d'intéresser notre exposition ou les notices que nous allons consacrer à Ernest Rupin, nous parviennent suffisamment tôt et ne supposent pas de mise de fonds trop considérable.
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Dernière mise à jour : ( 15-10-2009 )
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- La culture est devenue un mot à la mode depuis que Malraux lui a bâti des maisons et que l'Etat et les collectivités régionales et locales lui veulent du bien.
- Auparavant, elle était l'apanage des cercles restreints, qui pratiquaient paisiblement les rites de leur propre culture dans les chaumières ou dans les châteaux, avec leurs chants et leurs danses rituels, dans un patois qu'on ne baptisait pas encore d'un nom savant. La lecture était la spécialité des cercles bourgeois, de même que le théâtre pour les oisifs de la capitale. Chacun vivait dans son coin sans se préoccuper de la culture du voisin.
- Tout change au XIXe siècle, lorsque la Révolution industrielle modifie les paysages, dote les banlieues de villes, d'usines et de pavillons, accélère les échanges, exile dans les villes des campagnards arrachés à leurs coutumes et attire à Paris de jeunes provinciaux bardés de diplômes.
- Il faut sauver ce qui va disparaitre, le passé des vieilles églises, des châteaux en ruine, des parchemins mangés par les rats et toutes les traditions locales, rebaptisées folklore. Ainsi, naissent les Sociétés savantes de province, dont nous sommes les héritiers.
- Nous commémorons cette année le centenaire de la mort d'Ernest Rupin qui fut l'un de nos fondateurs. Non seulement fondateur d'une société de limousins, amoureux du passé, lettrés et désireux de transmettre leur savoir, mais aussi fondateur d'un musée municipal qu'il va richement doter lui-même et dont il va s'occuper jusqu'à sa mort.
- Ce musée, la Société en fait don à la ville de Brive, qui l'installe tant bien que mal, d'abord dans les greniers de la mairie, puis dans l'abbaye de Bonnesaigne (rebaptiée Musée Rupin puis Logis des Clarisses) et enfin dans l'Hôtel labenche.
- D'autres sociétés savantes ont fait preuve de la même générisité, mais en se faisant attribuer en échange des locaux pour leur bibliothèque et leurs archives.
- A Brive, nul engagement écrit ne fut pris et la ville a logé la Société de la Corrèze, en divers lieux, qui furent des salles de la mairie, l'hôtel Ségéral Verninac, l'hôtel de Calvimont ou hôtel Labenche et, finalement, après permutation, le rez de chaussée du musée Rupin.
- Ainsi, transférés d'un lieu à l'autre, au fur et à mesure que ces bâtiments étaient rénovés et attribués à des services municipaux tels que le musée Labenche ou les Archives municipales, les livres et les documents de notre société ont fini par être installés il y a quelques années au rez de chaussée des bâtiments désaffectés de l'usine Deshors à Malemort.
- Beaucoup de nos sociétaires nous demandent avec persévérance sinon avec succès "quand nous retournerons à Brive" ?
- Or, la réponse n'est pas quand nous y retournerons, mais dans quelle conditions.
- Beaucoup de sociétés dans notre cas ont pris pour asile les Archives départementales et ont déposé leur bibliothèque entre les mains de ces administrations, qui en autorisent l'accès sur place.
- Brive, n'étant pas préfecture, possède en revanche de superbes archives municipales, dont le personnel, toujours très accueillant et sympathique, nous aide à organiser les séances du dernier mardi du mois dans leurs locaux. Les Archives municipales ont pris en dépôt une partie de notre fonds d'histoire régionale antérieur au XXe siècle, livres qui ne faisaient pas l'objet de prêts.
- Mais elle n'a pas accueilli nos livres récents et surtout notre énorme fonds de revues régionales ou nationales. Pour que nous puissions revenir à Brive, il faudrait donc que nous trouvions un local assez vaste pour contenir tous ces ouvrages, les mettre, comme nous le faisons le mercredi à la disposition du public, et accueillir les visiteurs qui viennent les consulter.
- Devons-nous accepter des locaux plus petits et sans doute provisoires dans des immeubles appartenant à la ville, mais pas encore rénovés ? Nous aurions là un bureau et un local pour une partie de nos collections, mais pour combien de temps ?
- Devons-nous espérer qu'un jour, puisque la culture semble être une des préoccupations majeures de la ville, de plus vastes locaux seront attribués aux associations de ce type, aux côtés de ce qui devrait être une médiathèque municipale ?
- Allons-nous vers le sort réservé à beaucoup de petites sociétés savantes comme la nôtre, l'absorption par l'administration, qu'elle soit nationale ou locale, ou devons-nous préserver à tout prix ce qui fait notre originalité et notre intérêt, le prêt de livres aux étudiants, aux chercheurs ou à nos adhérents, les discussions hebdomadaires avec ceux qui viennent nous consulter ?
- Finirons-nous par n'être qu'une Société virtuelle, mettant des articles en ligne sur internet pour un prix minime et organisant conférences et excursions mensuelles ou biannuelles ?
- C'est un peu ce que j'ai envie de répondre à ceux qui me demandent quand nous reviendrons à Brive.
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Dernière mise à jour : ( 06-04-2009 )
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Bienvenue aux généalogistes - Les adhésions récentes à la Société et les questions qui nous sont posées sur le site, nous montrent l'intérêt croissant des amateurs de généalogie pour l'histoire régionale ou générale.
- Nous en sommes heureux et nous leur souhaitons la bienvenue.
- Longtemps, historiens ou amateurs d'histoire et généalogistes, ou amateurs de généalogies familiales se sont regardés avec méfiance.
- Leurs domaines paraissaient incompatibles.
- L'histoire, fille de la mémoire, ne doit pas se mettre au service de sa mère. Elle doit accepter la demande de mémoire mais elle n'a pas un "devoir de mémoire" et ne doit pas se mettre au service d'une cause. Elle exige des raisons et surtout des preuves. Quoiqu'en pensent certains, qui tentent de la plier à leurs théories et leurs idées, elle utilise des méthodes de plus en plus scientifiques et rigoureuses.
- La généalogie a longtemps été le domaine des familles aristocratiques, qui tentaient de faire remonter le plus loin possible à de prestigieux ancêtres, leurs lignées. Volontiers amnésiques sur le mariage bourgeois des filles, sur les lignées bâtardes et sur les ancêtres décapités pour trahisons ou ceux qui, pire encore, dérogeaient en travaillant, ces familles ont eu jusqu'au XVIIe siècle, un relatif monopole.
- Puis, les bourgeois vivant noblement, ou soi-disant nobles, ont dû à partir de 1595 et plus encore au XVIIe siècle, apporter leurs preuves. Le plus simple pour les généalogistes d'abord, s'ils voulaient être récompensés de leur recherche, était de trouver des ancêtres mythiques en Italie, en Angleterre, ou même chez les Romains ou les Grecs. Une autre méthode consistait à s'accrocher, tel un wagon de marchandises à un express, à une famille illustre porteuse du même nom.
- C'est ainsi que le travail du généalogiste passe aisément de la "science du vrai à l'art du vraisemblable". Il devient poésie, roman historique, domaine du rêve.
- Après la Révolution, aristocratie et bourgeoisie ont continué sur leur lancée comme en témoignent les invraisemblables "faux Courtois" où l'on retrouvait aux croisades, toutes les ancêtres des familles encore existantes au XIXe siècle. C'est pourquoi, la chose découverte, il a fallu fermer la salle des croisades.
- Il faut attendre le XXe siècle pour que tout un chacun se mette à la recherche de ses ancêtres. Jeunes garçons et dames retraitées ont envahi la quiétude des salles d'archives, feuilletant et refeuilletant les vieux registres paroissiaux et les liasses de notaires, et édifiant, jour après jour, des arbres de plus en plus touffus et de plus en plus éloignés de leur auteur, le généalogiste amateur.
- Cette passion s'explique-t-elle ?
- Est-ce un besoin de racines dans une société en pleine mutation ? Un désir de permanence dans un monde qu'on nous décrit comme pollué, industrialisé à outrance et en proie à des dérèglements climatiques ?
- Est-ce une recherche d'identité dans une époque de multiplications des croyances, des modèles parentaux, des futures menaces de clonages ?
- Toute cette quête ramène à un passé qui peut être, selon ce que l'on recherche, idéalisé ou au contraire poussé au noir. Chacun menant sa recherche individuelle, ne connait que son petit groupe d'ancêtres, même si le hasard des rencontres lui fait croiser d'innombrables cousins.
- La quête achevée ou en voie de l'être, car on se heurte dès le début du XVIIIe siècle à des archives incomplètes, vient le désir de savoir comment vivaient ces ancêtres.
- Deux voies s'ouvrent alors au généalogiste maintenant confirmé. Suivre une pente poétique et littéraire et écrire le roman de ses ancêtres ; suivre une pente scientifique et tenter, à l'aide de logiciels de plus en plus performants, des statistiques et des études d'ancêtres que les universitaires baptisent du nom pompeux de prosopographies.
- Dans les deux cas, et pour les aider à bâtir leur projet, nous leur faisons un bon accueil et nous mettons à leur disposition nos archives et les ouvrages de notre bibliothèque.
- Nous tâchons de conserver notre sérieux, lorsqu'ils nous annoncent avoir remonté leur généalogie jusqu'à Charlemagne, ou, plus modestement, jusqu'à Saint Louis.
- Certains d'entre eux, après avoir longuement étudié le grand père savetier ou le cousin notaire, finissent par avouer une arrière grand-mère noble, mariée à un marchand et, dès lors, n'ont plus qu'à se servir des nobiliaires pour remonter indéfiniment en arrière.
- C'est alors que nous les convions à se méfier des nobiliaires, mais comment faire admettre à quelqu'un de novice que ce qui a été imprimé n'est pas nécessairement exact ?
- Nous voyons passer dans leur regard une lueur de désappointement, mais nous tenons bon, espérant que le virus de l'histoire va les saisir, après celui de la généalogie et qu'ils vont se contenter de "peut-être" et de "semble-t-il " au lieu de triomphantes certitudes.
"Chercheurs de débris à la dérive et d'épaves perdues, toujours quelque chose fuira entre nos doigts comme du sable..." Marguerite Yourcenar. - Ce billet doit beaucoup à un excellent article de M. Bernard Chevignard qui est son discours de réception à l'Académie des Sciences et Belles lettres de Dijon.
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Dernière mise à jour : ( 06-04-2009 )
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Pourquoi une revue savante sur papier au XXIe siècle ?
- M. Monboisse, dans son éditorial1 "Pourquoi une revue savante au XXIe siècle ?" se demande pourquoi continuer à publier sur papier, à l'ère d'internet, une revue savante puisque, ni les lettres, ni les sciences, ni les arts, ne peuvent prémunir contre la barbarie. Il cite comme exemple, un officier SS sensible à l'architecture. On pourrait en citer d'autres, amateurs de musique. Mais il admet qu'une humanité sans lettres, ni sciences, ni arts, serait pire encore.
- Pour ma part, j'ajouterai l'histoire.
- Il rappelle ensuite que sa revue, comme la nôtre, a pour but d'étudier son département (le Cantal) avec objectivité et non au profit d'une idéologie, avec rigueur scientifique et avec souci de clarté pour les lecteurs.
- Parler d'histoire locale, dil-il, n'est pas opposer la GRANDE HISTOIRE à la PETITE HISTOIRE. La petite histoire faite par nos revues locales est composée d'articles qui étudient des points précis et les analyse. La grande histoire, celle des universitaires, se nourrit de ces recherches, dans la mesure où elles offrent des garanties de sérieux et d'honnêteté.
- C'est pourquoi nous avons trois sortes de lecteurs : nos fidèles abonnés, les chercheurs occasionnels ou les nouveaux arrivants dans la région, et enfin les étudiants chercheurs.
- Pourquoi, se demande-t-il enfin, conserver le papier à l'ère de l'internet ?
- C'est pour lui le support privilégié et durable de la diffusion du savoir garanti par un comité de lecture et la signature de l'auteur, alors que les informations que l'on trouve en ligne sur internet, sont souvent dépourvues de références.
- J'avoue qu'ici, je cesse de suivre M. Monboisse : la véritable raison est que nos lecteurs, et d'une manière générale les amateurs d'histoire locale, n'ont pas encore tous franchi le pas qui sépare l'ère Gutemberg de l'ère internet.
- Tant qu'ils seront assez nombreux pour nous permettre, grâce à leur cotisation, de continuer à publier sur papier une revue annuelle comme nous le faisons, il n'y aura pas de problème.
- Ensuite, se posera le problème de l'accès à la culture : devrons nous mettre en ligne une revue gratuite et à la disposition de tous ? Mais dans ce cas, qui paiera le temps passé en correspondance, saisie et mise en page ?
- Devrons-nous faire un site payant moyennant une faible cotisation ?
- Le problème reste posé et je remercie M. Monboisse et la revue de la Haute Auvergne, d'avoir songé à le poser.
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Dernière mise à jour : ( 06-04-2009 )
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